COVID 19 et Management : #2 le manager augmenté

Publié le par Aurélien Mizeret

ZOOM, TEAMS, SKYPE… : ces outils réservés jusque-ici à une minorité de managers basés loin de leurs troupes sont devenus notre quotidien à tous pour nous adresser à ceux que nous ne pouvons tout simplement plus voir sur notre lieu de travail.

Et tant le format que la manière dont se déroulent ces réunions créent, à eux seuls, un nouveau style de management, intensifié, enrichi, parfois à l’extrême, exacerbé : en un mot, augmenté !

Ainsi, lorsqu’autrefois la chaleur humaine gommait les imperfections relationnelles ou que la plaisanterie nivelait les perceptions subjectives négatives, l’atmosphère ici densifiée par son nouveau format s’alourdit en laissant de surcroit une trace « filmée » psychologiquement par les personnes présentes.

Souriez…, vous êtes filmés !

Tout le monde s’écoute dans un silence quasi religieux : il faut dire que les éventuelles superpositions de temps de paroles rendent inaudibles les échanges. Chacun le sait donc la prudence s’installe, avec dans sa traîne, une part de réserve parfois d’autocensure.

On pourrait craindre que cette retenue ne police les échanges, aseptise les propos ; au contraire, les choses sont dites avec plus de précisions, moins de « euh… » et de « bof », plus de « je pense que » et de « il faut qu’on ». On touche là au premier bénéfice de l’augmentation ; la réalité prend le pas sur la représentation.

Less…is more

Cette réalité prégnante a d’autres vertus, en particulier celle de réussir une certaine contraction du temps. Est-ce pour cette raison que les échanges sont plus rythmés que d’ordinaire ? En tous cas, nous sommes bel et bien face à une opportunité de densifier notre management en utilisant cette raréfaction. Testons rapidement toutes les possibilités que nous offre ce phénomène ; donnons la parole, écoutons tous les avis jusqu’au bout, positionnons-nous, plus que jamais, en médiateur et en synthétiseur des différentes propositions.

Cette approche nous garantira par ailleurs un management plus participatif que jamais dans un contexte ou le directif pourrait avoir tendance à chercher à s’imposer plus ou moins pertinemment.

« On remonte le groupe ! »

Jake et Elwood Blues, les personnages emblématiques du film musical qui porte leur nom nous le rappellent depuis 40 ans comme un mot d’ordre : l’union fait la force. Outre le fait que cette phrase contient un double message, elle permet d’évoquer en conclusion l’effet grégaire très positif de ce management augmenté.

Vous l’avez sans doute déjà observé ; la pression à la conformité, si chère à la dynamique de groupe, est amplifiée, dans cette période où tout le monde cherche des repères stables. L’enjeu du management devient donc double : rester le garant de la qualité des comportements et des  relations interpersonnelles mais en faisant s’exprimer au maximum les membres du groupe à travers leurs singularités, leurs possibles diversités de propositions. Soyons sincères et entiers dans cette démarche qui ne souffrirait pas la duplicité.

A ce titre, respectons les bonnes pratiques, notamment celle de ne pas envoyer de sms en parallèle de la réunion. Souvenons-nous que le moment « augmenté » l’est pour tous et les plus observateurs repèrent facilement ces échanges souterrains qui même s’ils ne sont pas malveillants suscitent au mieux des interrogations, au pire des suspicions.